Combien de jours de congés en retraite progressive ?

21 juin 2026

L’essentiel à retenir : la question combien de jours de congés en retraite progressive repose sur un principe simple , vous restez salarié à temps partiel et conservez l’intégralité de vos droits à congés au prorata de votre quotité de travail. L’acquisition reste calée sur 2,5 jours ouvrables par mois, mais le décompte et l’indemnisation obéissent à des règles précises que cet article détaille point par point.

Sommaire

Retraite progressive et congés payés : le principe fondamental

Un statut de salarié à temps partiel préservé

La retraite progressive ne met pas fin à votre contrat de travail. Vous réduisez votre activité professionnelle, mais vous restez salarié à part entière. Votre contrat se transforme en contrat à temps partiel, et c’est précisément ce statut qui détermine vos droits à congés.

Ce point est souvent mal compris. Beaucoup pensent qu’ils perdent certains avantages en passant en retraite progressive. Ce n’est pas le cas.

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Le principe d’égalité de traitement avec les autres temps partiels

Le Code du travail garantit l’égalité de traitement entre les salariés à temps partiel et ceux à temps plein, notamment sur les congés payés. Un salarié en retraite progressive bénéficie donc des mêmes règles d’acquisition que ses collègues à temps plein, pondérées par sa quotité de travail.

Concrètement, vous n’êtes pas pénalisé simplement parce que vous travaillez moins. La loi encadre cela avec précision.

Combien de jours de congés acquiert-on en retraite progressive ?

Règle générale : 2,5 jours ouvrables par mois travaillé

La règle de base ne change pas : vous acquérez 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables pour une année complète. Ce plafond légal s’applique quelle que soit votre quotité horaire.

La subtilité, c’est que certains employeurs calculent en jours ouvrés (base 25 jours). Vérifiez ce que prévoit votre convention collective avant de poser des hypothèses.

Impact de la quotité de travail sur l’acquisition

À ce stade, voici une précision que peu de sources mentionnent clairement : l’acquisition des congés n’est pas réduite proportionnellement à la quotité de travail. Un salarié à 60 % acquiert autant de jours qu’un salarié à 80 %. Ce qui change, c’est le nombre de jours effectivement décomptés lors de la prise de congés.

Autrement dit, vous capitalisez autant, mais vous « dépensez » moins vite vos jours si vous travaillez peu.

Cas particulier du plafond à 80 %

La retraite progressive impose une quotité de travail comprise entre 40 % et 80 % d’un temps plein. À 80 %, vous êtes très proche d’un temps plein. L’impact sur les congés est donc faible : vous posez à peine moins de jours pour les mêmes absences qu’un temps plein.

À l’inverse, à 40 %, l’écart entre jours acquis et jours décomptés devient significatif. Vous accumulerez des jours plus rapidement que vous ne les utiliserez.

Comment décompter ses congés pris en retraite progressive ?

Méthode de décompte en jours ouvrables ou ouvrés

Le décompte des congés posés s’effectue sur les jours normalement travaillés. On ne décompte pas les jours habituellement non travaillés. Seuls les jours où vous auriez dû être au travail sont comptabilisés en jours de congés.

Exemple concret à 80 % (absence le mercredi)

Prenons un salarié à 80 % dont le jour non travaillé est le mercredi. Si ce salarié pose une semaine complète de congés, seuls 4 jours sont décomptés (lundi, mardi, jeudi, vendredi), pas 5.

Le mercredi ne compte pas, car il ne fait pas partie de ses jours habituels de travail. C’est mécanique, et c’est favorable au salarié.

Exemple concret à 60 % (3 jours travaillés par semaine)

Pour une semaine de congés posée par un salarié travaillant lundi, mardi et jeudi, seuls 3 jours de congés sont décomptés. Résultat : avec un capital de 30 jours ouvrables, ce salarié couvre théoriquement 10 semaines de congés. C’est considérable.

Quotité de travail Jours travaillés/semaine Jours décomptés pour 1 semaine de congés Semaines couvertes par 30 jours
80 % 4 jours 4 jours 7,5 semaines
60 % 3 jours 3 jours 10 semaines
40 % 2 jours 2 jours 15 semaines

L’indemnisation des congés payés en retraite progressive

La règle du maintien de salaire

Pendant vos congés, vous percevez votre rémunération habituelle à temps partiel. L’employeur applique la règle du maintien de salaire : il vous verse ce que vous auriez gagné si vous aviez travaillé normalement ces jours-là.

La règle du dixième : quand s’applique-t-elle ?

La loi prévoit deux méthodes de calcul de l’indemnité de congés payés. L’employeur choisit la plus favorable. La règle du dixième consiste à verser 1/10 de la rémunération totale perçue sur la période de référence, divisé par le nombre de jours de congés acquis.

Cette règle s’avère souvent avantageuse si vous avez perçu des primes ou des heures complémentaires pendant l’année. Soyons directs : vérifiez toujours quel calcul votre employeur retient sur votre bulletin de paie.

Gestion des congés acquis avant le passage en retraite progressive

Les congés acquis avant votre passage en retraite progressive restent acquis. Vous pouvez les poser librement, en accord avec votre employeur. Ils seront indemnisés sur la base de votre ancien salaire à temps plein si leur acquisition remonte à cette période.

RTT, ancienneté et autres droits salariaux en retraite progressive

Les RTT disparaissent-ils en passant en retraite progressive ?

Les RTT sont liés à une durée de travail supérieure à 35 heures hebdomadaires. En retraite progressive, votre temps de travail est réduit. Si vous passez en dessous du seuil de déclenchement des RTT prévu par votre accord d’entreprise, vous ne générez plus de jours de RTT.

C’est une perte réelle à anticiper. Elle peut représenter plusieurs jours par an selon votre convention collective.

Conservation de l’ancienneté et des droits à la formation

Bonne nouvelle : votre ancienneté continue de s’accumuler normalement pendant la retraite progressive. Les droits à la formation via le Compte Personnel de Formation sont également maintenus, calculés au prorata de la durée travaillée.

  • Ancienneté : conservée intégralement
  • CPF : alimenté au prorata du temps travaillé
  • Mutuelle et prévoyance : maintenues par l’employeur
  • Participation et intéressement : calculés sur le salaire effectivement perçu

Droits de l’employeur et de l’employé sur les congés en retraite progressive

L’employeur peut-il refuser les dates de congés demandées ?

Oui. Les règles de droit commun s’appliquent. L’employeur peut fixer ou modifier les dates de congés dans le respect d’un délai de prévenance minimum d’un mois avant le départ prévu. Il doit justifier ce refus par des impératifs liés au fonctionnement de l’entreprise.

Votre statut de salarié en retraite progressive ne vous confère aucun droit prioritaire sur le calendrier des congés.

Que se passe-t-il lors d’un congé isolé d’une seule journée ?

Ici, beaucoup font une erreur. Si vous posez un jour isolé, seul ce jour est décompté, à condition qu’il corresponde à un jour habituellement travaillé. Poser un congé un mercredi quand ce n’est pas votre jour de travail n’a aucun sens et ne consomme aucun jour.

Heures complémentaires et impact sur les congés

Les heures complémentaires réalisées en retraite progressive peuvent influencer vos droits si elles sont intégrées à la rémunération de référence. Dans ce cas, elles peuvent augmenter le montant de l’indemnité calculée selon la règle du dixième.

  1. Vérifiez si votre contrat à temps partiel autorise les heures complémentaires
  2. Contrôlez que ces heures figurent bien sur votre bulletin de salaire
  3. Demandez à votre service RH quel mode de calcul est retenu pour vos indemnités
  4. Conservez vos bulletins de paie sur toute la durée de la retraite progressive
  5. Comparez les deux modes de calcul (maintien vs dixième) si vous avez perçu des primes

La question combien de jours de congés en retraite progressive n’a pas de réponse unique. Tout dépend de votre quotité, de votre organisation horaire et des accords en vigueur dans votre entreprise. Prenez le temps d’analyser votre situation concrète avant de valider votre passage en retraite progressive.