Travailler 15 jours sans contrat : vos droits et les risques légaux

22 septembre 2026

L’essentiel à retenir : lorsqu’un salarié travaille depuis 15 jours sans contrat, la relation de travail existe juridiquement dès le premier jour, quelle que soit l’absence d’écrit. Pour un CDD, ce retard dépasse largement le délai légal de signature de deux jours ouvrables et ouvre droit à une requalification en CDI devant le conseil de prud’hommes. Pour un CDI verbal, le contrat reste valable mais fragilise la preuve des conditions réelles d’emploi, d’où l’intérêt de réclamer rapidement un document écrit.

Sommaire

AspectDétail
Délai légal CDD2 jours ouvrables pour remettre l’écrit (article L1242-13 du code du travail)
Délai légal CDIAucun délai chiffré, mais un écrit reste fortement recommandé
Conséquence défaut CDDPrésomption de CDI et requalification possible
Preuve sans écritBulletins de paie, échanges de mails, plannings, témoignages
Sanction employeurAmende pénale, redressement de cotisations, qualification en travail dissimulé
Recours du salariéConseil de prud’hommes, demande d’indemnité de requalification

Chiffres clés

  • Le délai légal de remise d’un CDD écrit est fixé à 2 jours ouvrables par le code du travail.
  • L’indemnité de requalification ne peut être inférieure à 1 mois de salaire brut (montant à vérifier selon la convention collective applicable).
  • Le travail dissimulé est puni de peines pouvant atteindre 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour une personne physique (montant à vérifier sur le site officiel).
  • La grande majorité des litiges portant sur un contrat non signé se résolvent lors de la phase de conciliation devant le conseil de prud’hommes, avant tout jugement.

Le délai légal de signature varie selon la nature du contrat conclu entre les parties. Un salarié qui déclare je travaille depuis 15 jours sans contrat se trouve dans une situation encadrée différemment selon qu’il s’agisse d’un CDD ou d’un CDI.

Le cas du CDD : 48h pour remettre l’écrit

L’article L1242-13 du code du travail impose à l’employeur de transmettre le contrat écrit dans un délai de deux jours ouvrables suivant l’embauche. Passé ce délai, le CDD sans écrit perd sa qualification et s’expose à une requalification. Quinze jours d’activité sans document signé dépassent très largement ce seuil légal.

Le cas du CDI : une obligation plus souple

Pour un CDI, aucun délai chiffré n’est fixé par la loi, mais l’employeur reste tenu d’effectuer la déclaration préalable à l’embauche et, dans la plupart des cas, de remettre un écrit reprenant les clauses essentielles. L’absence d’écrit n’empêche pas la relation de travail d’exister, mais elle prive le salarié de garanties précises sur la rémunération, la durée du travail ou la période d’essai.

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Travailler 15 jours sans contrat : quels sont vos droits concrets

Un salarié qui travaille depuis 15 jours sans contrat conserve l’intégralité de ses droits, car la relation de travail existe indépendamment de l’écrit. Le contrat verbal produit des effets juridiques dès le premier jour de travail effectif.

Concrètement, l’absence de document signé n’efface aucune obligation de l’employeur. Voici les droits qui restent garantis dans cette situation :

  • Le paiement du salaire correspondant aux heures réellement effectuées, y compris les heures supplémentaires.
  • L’affiliation à la sécurité sociale via la déclaration préalable à l’embauche.
  • Le bénéfice des congés payés calculés dès le premier jour travaillé.
  • La couverture par l’assurance accident du travail en cas d’incident sur le lieu d’exercice.
  • Le droit de réclamer un écrit à tout moment, sans que ce délai n’éteigne cette possibilité.

Cette situation reste toutefois fragile : sans document, la preuve de la relation de travail repose sur des éléments indirects tels que les bulletins de paie, les échanges de mails ou les témoignages de collègues. Mieux vaut réunir ces éléments dès les premiers jours plutôt que d’attendre un éventuel litige.

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La requalification automatique du CDD en CDI sans contrat écrit

Lorsqu’un CDD n’a pas été formalisé par écrit dans le délai légal, la loi présume qu’il s’agit en réalité d’un contrat à durée indéterminée. Cette présomption de CDI joue en faveur du salarié, sans qu’il ait besoin de démontrer une intention frauduleuse de l’employeur.

Un salarié qui travaille depuis 15 jours sans contrat alors qu’un CDD avait été annoncé verbalement peut donc demander la requalification en CDI devant le conseil de prud’hommes. Les modalités de saisine sont d’ailleurs proches de celles applicables en cas de cessation d’activité du salarié, avec un dossier reposant sur les mêmes types de preuves.

Point clé : l’absence d’écrit dans les délais fixés par le code du travail suffit, à elle seule, à faire basculer un CDD non signé vers un CDI, sans autre condition à remplir.

La requalification en CDI ouvre droit à une indemnité de requalification, dont le montant ne peut être inférieur à un mois de salaire brut (montant à vérifier selon la convention collective applicable). Cette indemnité s’ajoute aux autres sommes dues en cas de rupture, notamment l’indemnité de licenciement si l’employeur met fin au contrat sans respecter les règles propres au CDI.

Le CDI verbal après 15 jours : une situation légale mais risquée

Un CDI peut valablement exister sans aucun écrit, la forme verbale suffisant à créer un lien de subordination reconnu. Un salarié qui travaille depuis 15 jours sans contrat dans le cadre d’un CDI non formalisé bénéficie donc déjà de toutes les protections attachées à ce statut.

Le risque ne réside pas dans la validité du contrat, mais dans la difficulté à prouver son contenu exact. Sans écrit, la période d’essai ne peut pas être opposée au salarié, faute de clause l’ayant formalisée avant le début d’exécution. La question du jour d’essai avant embauche illustre bien cette fragilité contractuelle lorsqu’aucun document n’a été signé au préalable.

Cette situation expose surtout le salarié à une incertitude sur ses conditions réelles d’emploi. Mieux vaut donc réclamer rapidement l’écrit, quand bien même la relation de travail se poursuit normalement au quotidien.

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Quels risques et sanctions pour l’employeur sans contrat écrit

L’employeur qui laisse un salarié travailler depuis 15 jours sans contrat écrit s’expose à plusieurs sanctions employeur cumulables. Sur le plan civil, la requalification en CDI et l’indemnité afférente représentent déjà un coût significatif pour l’entreprise.

Sur le plan pénal, l’absence de contrat écrit pour un CDD constitue une infraction sanctionnée par une amende, dont le montant peut atteindre plusieurs milliers d’euros par salarié concerné (montant à vérifier sur le site service-public.fr). L’absence de déclaration préalable à l’embauche aggrave encore la situation, car elle caractérise un travail dissimulé au sens de l’article L8221-5 du code du travail.

Le travail dissimulé expose l’employeur à des poursuites bien plus lourdes que le simple défaut d’écrit contractuel : amende pénale, redressement des cotisations sociales sur plusieurs années, et interdiction temporaire de gérer une entreprise dans les cas les plus graves. Ce cumul de sanctions explique pourquoi la majorité des employeurs régularisent rapidement une fois la situation signalée.

Comment régulariser votre situation : les démarches à suivre

Face à un employeur qui tarde, un salarié qui travaille depuis 15 jours sans contrat dispose de plusieurs leviers pour obtenir un écrit rapidement, sans dégrader la relation professionnelle.

  1. Adresser une demande écrite à l’employeur, par mail ou courrier, réclamant formellement la remise du contrat.
  2. Conserver toute trace de la relation de travail : bulletins de paie, plannings, échanges professionnels.
  3. Consulter un délégué du personnel ou un représentant syndical si l’entreprise en dispose.
  4. Saisir l’inspection du travail en cas de silence prolongé de l’employeur.
  5. Envisager une action devant le conseil de prud’hommes si la régularisation reste sans effet.

Cette démarche progressive évite d’envenimer une situation qui relève parfois d’un simple oubli administratif plutôt que d’une volonté délibérée de contourner la loi. Pour les salariés en intérim confrontés à une situation comparable, la question de l’annulation d’une mission d’intérim obéit à des règles spécifiques, distinctes du CDD classique.

Pouvez-vous démissionner ou partir sans préavis sans contrat signé ?

L’absence d’écrit ne prive pas le salarié de son droit de mettre fin à la relation de travail. Toutefois, la rupture du contrat de travail obéit à des règles différentes selon que l’on se trouve en CDD ou en CDI verbal.

En CDI, même non signé, la démission reste possible mais impose en principe le respect d’un préavis, dont la durée dépend de la convention collective applicable à l’entreprise. Faute d’écrit précisant ce délai, il convient de se référer aux usages de la branche ou, à défaut, aux règles générales fixées par le code du travail.

Un salarié qui travaille depuis 15 jours sans contrat sous statut CDD ne peut pas rompre librement avant l’échéance prévue, sauf accord des deux parties, faute lourde de l’employeur ou embauche en CDI ailleurs. Partir sans respecter ces conditions expose à une action en dommages et intérêts de l’employeur.

Pour formaliser un départ dans les règles, la lettre de démission par mail reste recevable, à condition d’en conserver un accusé de réception. Dans certains cas, une rupture conventionnelle représente une alternative plus sécurisante pour les deux parties, notamment lorsque le climat de travail s’est déjà détérioré.

FAQ

Puis-je saisir les prud’hommes sans contrat ?

Oui. L’absence de contrat écrit n’empêche pas de saisir le conseil de prud’hommes pour faire reconnaître l’existence d’une relation de travail et obtenir, le cas échéant, la requalification en CDI ainsi que les indemnités correspondantes.

Ai-je droit au chômage sans contrat signé ?

Le droit aux allocations chômage dépend de la réalité de l’emploi occupé, et non de l’existence d’un écrit. Dès lors que la déclaration préalable à l’embauche a été effectuée et que les cotisations ont été versées, les droits s’ouvrent normalement. Un salarié qui rencontre des difficultés pour faire valoir cette période peut consulter les démarches liées à l’inscription à France Travail pour clarifier sa situation.

Que faire si l’employeur refuse de fournir un contrat écrit ?

Une mise en demeure écrite constitue la première étape, suivie d’une saisine de l’inspection du travail si le refus persiste au-delà d’un délai raisonnable.

La période d’essai s’applique-t-elle sans écrit ?

Non. Faute de clause écrite fixant la période d’essai avant le début du travail, celle-ci ne peut pas être opposée au salarié, qui est alors considéré comme définitivement embauché.

Un contrat oral a-t-il la même valeur qu’un contrat signé ?

Sur le principe de son existence, oui : un contrat verbal engage les deux parties dès le premier jour travaillé. En pratique, il complique fortement la preuve du contenu exact des engagements pris, d’où l’intérêt de réclamer un écrit rapidement, surtout lorsqu’on travaille depuis 15 jours sans contrat et que les conditions de rémunération restent floues.

Écrit par Régis , Formel & normatif. Dernière mise à jour : 03 septembre 2026.