Plan de départ volontaire : tout ce qu’il faut savoir en 2026

9 juillet 2026

L’essentiel à retenir : le plan de départ volontaire est un dispositif de restructuration qui repose sur le consentement du salarié, mais dont les règles juridiques, les indemnités et les effets sur le droit au chômage obéissent à un cadre précis. Deux grandes formes existent : le PDV autonome et le PDV intégré à un plan de sauvegarde de l’emploi. Avant de signer quoi que ce soit, il convient de mesurer avec soin les conséquences fiscales, sociales et professionnelles d’un tel engagement.

Sommaire

Qu’est-ce qu’un plan de départ volontaire ?

Définition et cadre juridique

Le plan de départ volontaire est un dispositif par lequel une entreprise propose à certains salariés de quitter leur poste de manière concertée, en contrepartie d’indemnités négociées. Il s’agit d’un outil de gestion des effectifs qui s’inscrit dans le cadre d’une restructuration d’entreprise, sans imposer de licenciement contraint.

Sur le plan normatif, le PDV ne fait pas l’objet d’une définition légale autonome et figée dans le Code du travail. Son encadrement découle de la jurisprudence, des accords collectifs et, selon les cas, des dispositions relatives au plan de sauvegarde de l’emploi (articles L.1233-61 et suivants du Code du travail). Dès lors que le PDV s’accompagne de suppressions de postes dans une entreprise d’au moins 50 salariés, il entre dans le périmètre du PSE.

La Cour de cassation a rappelé à plusieurs reprises que le caractère volontaire du départ doit être réel : toute pression exercée sur le salarié pour qu’il accepte le plan peut requalifier la rupture en licenciement, avec les conséquences contentieuses que cela implique.

Ce que « volontaire » signifie vraiment

Le terme « volontaire » recouvre une réalité plus nuancée qu’il n’y paraît. Le salarié candidat au plan de départ volontaire choisit de postuler, mais c’est l’employeur qui conserve le droit d’accepter ou de refuser la candidature, selon des critères définis dans l’accord collectif.

Le départ n’est donc pas un droit absolu pour le salarié. Si trop de candidatures sont déposées, l’employeur peut sélectionner selon des priorités, par exemple l’ancienneté, l’âge ou la nature du poste. Ce point est souvent méconnu des salariés qui se croient assurés de partir dès lors qu’ils ont manifesté leur intérêt.

comparatif PDV autonome et PSE plan de départ volontaire

Les deux formes du plan de départ volontaire

Le PDV autonome

Le PDV autonome intervient en dehors de tout licenciement économique. L’entreprise souhaite réduire ses effectifs sans procéder à des suppressions de postes contraintes. Elle propose des départs sur la base du volontariat salarié, sans que l’accord collectif n’ouvre la voie à des licenciements forcés si les objectifs chiffrés ne sont pas atteints.

Dans ce cas, l’accord doit expressément prévoir cette autonomie par rapport au PSE. Si, malgré tout, des licenciements économiques interviennent à l’issue du processus, le dispositif bascule automatiquement dans le champ d’application du PSE, avec les obligations afférentes. La frontière est donc ténue et mérite une attention particulière lors de la rédaction de l’accord.

Le PDV intégré à un PSE

Le plan de départ volontaire intégré à un PSE constitue la forme la plus fréquente dans les grandes restructurations. L’entreprise prévoit un volume de suppressions de postes et propose d’abord des départs volontaires avant d’éventuels licenciements contraints. Le PSE définit alors les mesures d’accompagnement au reclassement, les indemnités minimales et les modalités de suivi.

La DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) valide ou homologue le document unilatéral ou l’accord collectif encadrant le PDV-PSE. Ce contrôle administratif constitue une garantie supplémentaire pour les salariés concernés. Pour en savoir plus sur le rôle du CSE dans ces procédures, voir le guide CSE France Travail Occitanie.

Comment mettre en place un PDV : la procédure étape par étape

La consultation obligatoire du CSE

Toute mise en place d’un plan de départ volontaire implique la consultation du comité social et économique. Cette obligation s’impose dès lors que le PDV affecte l’organisation de l’entreprise ou les conditions de travail, ce qui est presque systématiquement le cas en contexte de restructuration.

La CSE consultation doit être menée en amont de toute décision définitive. L’instance dispose d’un délai légal pour rendre un avis, délai qui varie selon la complexité du projet (15 jours minimum pour les projets ne relevant pas du PSE, et des délais plus longs, pouvant atteindre 4 mois, dans le cadre d’un PSE). Respecter scrupuleusement ces délais conditionne la validité de la procédure.

L’élaboration de l’accord collectif

L’accord collectif constitue le socle du PDV. Il fixe les critères d’éligibilité, le montant des indemnités, la durée de la période de candidature, les modalités d’accompagnement au reclassement et les conditions d’acceptation ou de refus des candidatures par l’employeur.

Cet accord doit être signé par des syndicats représentant au moins 50 % des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles, conformément aux règles de validité des accords collectifs posées par la loi Travail de 2016. Un accord minoritaire peut être soumis à référendum.

La phase de candidature et sélection des salariés

Une fois l’accord signé et, le cas échéant, homologué par la DREETS, s’ouvre la période de candidature. Les salariés souhaitant bénéficier du plan de départ volontaire déposent une candidature formelle. L’employeur analyse ensuite chaque dossier selon les critères définis, puis notifie sa décision par écrit dans les délais prévus par l’accord. Pour comprendre les implications sur la masse salariale de l’entreprise, une simulation préalable s’avère indispensable.

Qui peut bénéficier d’un plan de départ volontaire ?

Les critères d’éligibilité au plan de départ volontaire varient selon les termes de l’accord collectif. L’employeur peut restreindre le périmètre aux salariés d’une catégorie professionnelle donnée, d’un site géographique précis, ou encore d’une ancienneté minimale.

Certains profils sont souvent prioritaires dans les PDV : les salariés proches de la retraite, ceux disposant d’un projet de création d’entreprise, ou ceux dont le poste est directement supprimé. L’accord peut aussi prévoir des cas d’inéligibilité explicites, par exemple les salariés en contrat à durée déterminée ou ceux faisant l’objet d’une procédure disciplinaire en cours.

Un point souvent ignoré : le salarié protégé (délégué syndical, membre du CSE, etc.) peut techniquement candidater à un PDV, mais son départ est soumis à l’autorisation de l’inspecteur du travail, même lorsque la rupture est qualifiée de volontaire. Cette étape supplémentaire allonge les délais et peut bloquer certains dossiers. Pour les salariés ayant plusieurs employeurs, des questions spécifiques se posent, notamment sur les congés payés en situation multi-employeurs.

Quelles indemnités dans le cadre d’un plan de départ volontaire ?

Calcul et montant des indemnités

Les indemnités de départ constituent l’un des éléments centraux du PDV. Elles sont librement négociées dans l’accord collectif, avec un plancher légal : le salarié ne peut percevoir moins que l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, calculée selon son ancienneté et sa rémunération de référence (article L.1237-19-1 du Code du travail pour les PSE).

Dans la pratique, les indemnités d’un PDV sont significativement supérieures au minimum légal. Il n’est pas rare de voir des accords proposer des multiples de salaire mensuel en fonction de l’ancienneté, auxquels s’ajoutent des primes de mobilité, des aides à la création d’entreprise ou des formations financées. Ces montants varient considérablement d’une entreprise à l’autre (montants à vérifier dans l’accord collectif applicable à votre situation).

Régime fiscal et social applicable

Les indemnités versées dans le cadre d’un plan de départ volontaire bénéficient d’un régime fiscal favorable sous conditions. La fraction exonérée d’impôt sur le revenu correspond au montant de l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, dans la limite de deux fois la rémunération annuelle brute perçue l’année précédente ou de la moitié des indemnités totales, selon le plafond le plus favorable (conditions susceptibles d’évoluer, vérifiez sur impots.gouv.fr).

Sur le plan social, les cotisations sont dues sur la fraction excédant l’indemnité légale, au-delà d’un certain plafond fixé par l’URSSAF. La CSG et la CRDS s’appliquent selon des règles propres. Un calcul précis avec un expert-comptable ou un conseiller juridique s’impose avant toute acceptation. Pour anticiper ces charges, l’outil de simulation des cotisations peut constituer un premier repère méthodologique.

PDV et droit au chômage : quelles règles s’appliquent ?

La question du droit au chômage après un PDV est fréquemment source de confusion. En principe, une démission ne donne pas droit aux allocations chômage France Travail. Or, la rupture intervenant dans le cadre d’un plan de départ volontaire intégré à un PSE est assimilée à un licenciement économique et ouvre donc droit à l’allocation de retour à l’emploi (ARE).

En revanche, pour les PDV autonomes, la situation est plus délicate. Si le départ n’est pas formellement associé à un licenciement économique, France Travail peut qualifier la rupture de démission et refuser l’ouverture des droits. L’accord collectif doit donc préciser explicitement la nature de la rupture pour sécuriser ce point. Une inscription préventive auprès de France Travail, même sans indemnisation immédiate, peut s’avérer stratégique dans les cas litigieux.

Le délai de carence, les conditions d’affiliation (avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois) et le montant de l’ARE dépendent du salaire de référence et de la durée d’affiliation. Ces paramètres sont susceptibles d’évoluer avec les réformes successives de l’assurance-chômage (conditions à vérifier sur francetravail.fr).

PDV, PSE et rupture conventionnelle collective : quelles différences ?

Critère PDV autonome PDV intégré à un PSE Rupture conventionnelle collective
Cadre légal Accord collectif, hors PSE Articles L.1233-61 et suivants Articles L.1237-19 et suivants
Licenciements forcés possibles Non Oui Non
Validation DREETS Selon cas Obligatoire Obligatoire (homologation)
Droit au chômage Selon qualification Oui (licenciement économique) Oui
Accompagnement reclassement Optionnel Obligatoire (congé de reclassement) Prévu dans l’accord

La rupture conventionnelle collective se distingue du PDV en ce qu’elle exclut tout licenciement économique concomitant. Elle repose entièrement sur le volontariat salarié et sur un accord collectif homologué, sans plan de sauvegarde de l’emploi. Certaines entreprises la préfèrent précisément pour éviter l’image sociale négative associée aux PSE. La procédure prud’homale en cas de cessation d’activité peut offrir un éclairage complémentaire sur les recours disponibles.

Avantages, risques et points de vigilance avant de signer un PDV

Les avantages pour le salarié et l’employeur

Pour le salarié, le plan de départ volontaire offre une sortie négociée avec des indemnités supérieures au droit commun, un accompagnement au reclassement et, souvent, des dispositifs de formation ou de soutien à la création d’entreprise. La rupture est maîtrisée et planifiée, ce qui facilite la transition professionnelle.

Pour l’employeur, le PDV réduit les effectifs sans recourir aux licenciements forcés, ce qui limite les risques de contentieux prud’homaux et préserve le climat social. La restructuration d’entreprise s’opère de manière plus fluide, avec une adhésion a priori des salariés partants. Un plan de communication interne bien structuré est souvent déterminant dans le succès du dispositif, comme le montre la méthode du plan de communication efficace.

Les risques et pièges à éviter

« Un PDV mal rédigé peut se retourner contre l’employeur comme contre le salarié. » , Jurisprudence constante de la chambre sociale de la Cour de cassation

Le premier risque pour le salarié est de sous-estimer les implications à long terme : la perte d’ancienneté, les effets sur la retraite, et le délai avant de retrouver un emploi équivalent. La pression implicite exercée dans certaines restructurations peut aussi altérer le consentement, fragilisant juridiquement la rupture.

  • Vérifier que l’accord collectif précise explicitement la nature économique de la rupture
  • Analyser l’impact fiscal des indemnités avant toute signature
  • Consulter un représentant syndical ou un avocat spécialisé en droit social
  • S’assurer de l’ouverture effective des droits à France Travail selon le type de PDV
  • Évaluer les mesures d’accompagnement au reclassement réellement disponibles

Soyons directs : un salarié qui signe un PDV sans avoir lu l’intégralité de l’accord collectif prend un risque considérable. Les délais de rétractation, lorsqu’ils existent, sont courts. La précipitation est la principale cause de regrets post-signature. Consulter les ressources disponibles sur les questions juridiques en entreprise constitue un réflexe utile avant toute décision.

Chiffres clés

  • 50 salariés : seuil à partir duquel le PDV accompagné de suppressions de postes oblige à un PSE (article L.1233-61 du Code du travail)
  • 50 % des suffrages : majorité requise pour valider l’accord collectif encadrant le PDV (loi El Khomri, 2016)
  • 4 mois maximum : durée légale de la procédure d’information-consultation du CSE dans le cadre d’un grand PSE
  • 6 mois d’affiliation : condition minimale pour ouvrir des droits à l’ARE auprès de France Travail (conditions susceptibles d’évoluer, vérifiez sur francetravail.fr)
  • 2 fois la rémunération annuelle brute : plafond d’exonération fiscale applicable aux indemnités de départ dans le cadre d’un licenciement économique (à vérifier sur impots.gouv.fr)

FAQ

Un salarié peut-il refuser de participer à un plan de départ volontaire ?

Oui, absolument. La participation au plan de départ volontaire repose sur le principe du volontariat salarié : aucun salarié ne peut être contraint de candidater. En revanche, si le PDV est intégré à un PSE et que les objectifs de suppressions de postes ne sont pas atteints par les départs volontaires, l’employeur peut procéder à des licenciements économiques selon la procédure légale applicable.

Quelle est la différence entre un PDV et une rupture conventionnelle individuelle ?

La rupture conventionnelle individuelle (article L.1237-11 du Code du travail) est un accord bilatéral entre un salarié et son employeur, sans lien avec un plan collectif. Le PDV, à l’inverse, s’inscrit dans un dispositif collectif négocié avec les syndicats, ouvrant souvent des indemnités plus élevées. Les deux dispositifs ouvrent droit aux allocations chômage, mais leurs procédures et leurs délais diffèrent substantiellement. La question de la radiation de France Travail reste néanmoins pertinente dans les deux cas si le bénéficiaire ne respecte pas ses obligations.

Les indemnités d’un PDV sont-elles toujours exonérées d’impôt ?

Non. Seule la fraction équivalente à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu, dans la limite des plafonds fixés par l’article 80 duodecies du Code général des impôts. La fraction excédentaire est imposable selon le barème progressif. Le régime social suit des règles distinctes, avec des seuils spécifiques fixés par l’URSSAF (montants et plafonds susceptibles d’évoluer, vérifiez sur impots.gouv.fr et urssaf.fr).