Convention syntec congés : guide complet des droits en 2026

21 juillet 2026

L’essentiel à retenir : la convention syntec congés (CCN 1486) encadre des droits substantiellement supérieurs au Code du travail, notamment grâce aux congés d’ancienneté, à la prime de vacances obligatoire et aux congés exceptionnels pour événements familiaux. La maîtrise de ces dispositions conditionne directement la conformité des employeurs du secteur des bureaux d’études techniques et le calcul correct des indemnités dues aux salariés.

Sommaire

À qui s’applique la convention collective Syntec ?

La convention collective nationale Syntec, identifiée sous le numéro IDCC 1486, s’applique aux entreprises relevant des secteurs des bureaux d’études techniques, des cabinets d’ingénieurs-conseils, des sociétés de conseil, des entreprises de services informatiques et des cabinets de recrutement, entre autres activités connexes. Le critère déterminant reste l’activité principale de l’entreprise, vérifiable via le code NAF attribué par l’INSEE.

Concrètement, une ESN (entreprise de services du numérique), un cabinet d’architecture ou une société d’ingénierie industrielle relèvent typiquement de cette convention. En revanche, une entreprise dont l’activité principale serait la production manufacturière ne peut s’en prévaloir, même si elle emploie des ingénieurs en interne.

La CCN 1486 couvre aujourd’hui plus de 800 000 salariés en France (chiffre à vérifier sur le site Légifrance), ce qui en fait l’une des conventions collectives les plus étendues du secteur tertiaire qualifié. Toute entreprise entrant dans son champ d’application doit respecter ses dispositions sur la convention syntec congés, même si elles ne sont pas plus favorables que celles de l’accord de branche ou de l’accord d’entreprise applicable. Le principe de faveur s’applique : seuls les accords plus avantageux pour le salarié priment.

Type de droit Disposition CCN 1486
Congés payés de base 25 jours ouvrés
Congés d’ancienneté Jusqu’à 5 jours ouvrés supplémentaires
Prime de vacances Minimum 10 % de la masse des indemnités
Forfait jours cadres 218 jours par an
Congé mariage salarié 4 jours ouvrés
Congé naissance 3 jours ouvrés

Les congés payés de base : durée, acquisition et prise

Quelle est la durée des congés payés prévue par la convention Syntec ?

La convention syntec congés prévoit un droit minimal de 25 jours ouvrés de congés payés annuels, soit 5 semaines, conformément au Code du travail. Ce décompte en jours ouvrés (du lundi au vendredi hors jours fériés) est la norme retenue par la quasi-totalité des entreprises relevant de la CCN 1486. Certains accords d’entreprise prévoient des durées supérieures, notamment dans les grandes ESN.

La règle pratique mérite d’être rappelée : un salarié à temps plein acquiert 2,08 jours ouvrés par mois de travail effectif. Un arrêt maladie ordinaire réduit cette acquisition, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Depuis la loi du 22 avril 2024, les arrêts maladie non professionnelle ouvrent désormais droit à acquisition de congés payés (conditions susceptibles d’évoluer, vérifiez sur Légifrance).

Quelle est la période d’acquisition et de prise des congés payés ?

La période d’acquisition court traditionnellement du 1er juin au 31 mai de l’année suivante, sauf accord d’entreprise ou d’établissement modifiant ce calendrier. Les congés acquis sur cette période doivent en principe être pris entre le 1er mai et le 31 octobre pour le congé principal, mais la CCN 1486 autorise une certaine souplesse dès lors qu’un accord collectif l’organise. Pour tout rapprochement avec d’autres types de gestion du temps, la page sur les heures non ouvrées apporte un éclairage complémentaire utile.

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Les congés d’ancienneté Syntec : paliers et conditions

Quels sont les paliers d’ancienneté et les jours supplémentaires accordés ?

La convention syntec congés intègre un système de congés d’ancienneté progressif, distinct des dispositions du Code du travail. Les paliers habituellement retenus par la convention sont les suivants : 1 jour supplémentaire à partir de 5 ans d’ancienneté, 2 jours à partir de 10 ans, et ainsi de suite jusqu’à un maximum généralement fixé à 5 jours ouvrés pour les salariés comptant 20 ans ou plus au sein de l’entreprise (conditions susceptibles d’évoluer, vérifiez la convention consolidée sur Légifrance).

L’ancienneté se calcule à la date d’entrée dans l’entreprise, sans interruption. Un transfert de contrat dans le cadre d’une reprise d’activité peut préserver l’ancienneté, sous réserve que l’accord de reprise le stipule expressément.

Comment les congés d’ancienneté s’ajoutent-ils aux congés payés ordinaires ?

Ces jours supplémentaires s’ajoutent au quota de 25 jours ouvrés de congés payés ordinaires, portant ainsi le total annuel à 30 jours ouvrés pour les salariés les plus anciens. Ils sont soumis aux mêmes règles de prise que les congés payés légaux et doivent figurer sur le bulletin de paie sous une ligne distincte. L’employeur ne peut pas les substituer à d’autres avantages existants. Pour les salariés en situations atypiques de multi-employeurs, les modalités de calcul de l’ancienneté méritent une vigilance particulière.

Les congés exceptionnels pour événements familiaux

Mariage, PACS et naissance : combien de jours sont accordés ?

La convention syntec congés prévoit des congés pour événements familiaux plus généreux que le minimum légal sur certains points. Pour le mariage du salarié, la convention accorde 4 jours ouvrés. Le PACS ouvre droit à 1 jour ouvré (montant à vérifier sur le site officiel). La naissance ou l’adoption d’un enfant génère 3 jours ouvrés, distinct du congé paternité légal de 25 jours calendaires prévu par le Code du travail.

Ces jours doivent être pris au moment de l’événement, sans possibilité de report sauf accord exprès de l’employeur. Ils ne se déduisent pas du quota de congés payés annuels et sont rémunérés normalement.

Décès d’un proche : quels droits sous la convention Syntec ?

Les droits en cas de décès d’un proche varient selon le lien de parenté. Le décès du conjoint, du partenaire de PACS ou d’un enfant ouvre droit à 5 jours ouvrés. Le décès d’un parent (père, mère) génère 3 jours ouvrés. Celui d’un beau-parent, d’un frère ou d’une sœur donne droit à 1 jour ouvré (conditions susceptibles d’évoluer, vérifiez la convention consolidée). Ces dispositions s’appliquent sans condition d’ancienneté.

Forfait jours et RTT : comment fonctionnent-ils sous Syntec ?

Combien de jours de repos en 2026 avec un forfait 218 jours ?

Le forfait jours est le régime dominant pour les cadres relevant de la convention syntec congés. Le plafond conventionnel est fixé à 218 jours travaillés par an, jour de solidarité inclus. En 2026, le nombre de jours ouvrés dans l’année s’établit autour de 253 (hors jours fériés tombant un jour ouvré, variable selon le calendrier exact). En déduisant 25 jours de congés payés et le plafond de 218 jours, le volume de jours RTT s’obtient par différence, soit environ 10 jours (montant à vérifier selon le calendrier 2026 précis).

Ces jours de repos doivent être posés selon les modalités prévues par l’accord d’entreprise ou, à défaut, par les règles fixées unilatéralement par l’employeur dans le respect du contradictoire. L’aménagement du temps de travail autour du forfait jours implique un entretien annuel obligatoire sur la charge de travail, sous peine de sanctions.

Quelle différence entre le régime 35 heures et le forfait heures ?

Les non-cadres et certains cadres dits « intégrés » relèvent d’un régime horaire à 35 heures hebdomadaires, avec génération de jours RTT en cas d’accord d’aménagement du temps de travail. Le forfait heures, applicable aux cadres dont la durée du travail peut être prédéterminée, se situe entre 35 et 39 heures avec majoration des heures supplémentaires au-delà. Ces deux régimes coexistent au sein d’une même entreprise relevant de la CCN 1486. Pour une vue d’ensemble des pratiques RH associées, d’autres ressources sont disponibles sur ce site.

La prime de vacances obligatoire sous la convention Syntec

La prime de vacances constitue l’une des spécificités les plus connues de la convention syntec congés. Son versement est obligatoire pour tous les salariés ayant au moins un mois de présence dans l’entreprise au cours de la période de référence. Son montant minimal représente 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés brutes versées sur la période (montant à vérifier sur le site officiel).

Elle est versée au moment de la prise du congé principal, généralement en mai ou juin. Un accord d’entreprise peut en modifier les modalités de versement ou en augmenter le montant, jamais le diminuer. Soyons directs : beaucoup d’entreprises omettent cette prime ou la calculent incorrectement, ce qui constitue un manquement à la convention collective nationale susceptible d’entraîner des rappels de salaires lors d’un contrôle URSSAF ou d’un contentieux aux prud’hommes.

Les salariés à temps partiel bénéficient de la prime de vacances au prorata de leur temps de travail. Les salariés en rupture conventionnelle en cours d’année conservent leur droit à la prime au titre des mois travaillés.

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Comment calculer l’indemnité de congés payés et éviter les erreurs RH ?

Les deux méthodes de calcul de l’indemnité de congés payés

L’indemnité de congés payés se calcule selon la méthode la plus favorable au salarié entre deux approches. La première, dite du « maintien de salaire », correspond au salaire que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé. La seconde, dite du « dixième », représente 1/10e des salaires bruts perçus au cours de la période de référence. L’employeur a l’obligation légale d’appliquer la règle la plus avantageuse, sans que le salarié ait à en faire la demande.

Pour un salarié au forfait jours avec une rémunération variable intégrant des primes, la méthode du dixième s’avère souvent supérieure. Le calcul de la masse salariale constitue d’ailleurs un préalable indispensable à une gestion rigoureuse de ces indemnités.

Les erreurs fréquentes à éviter dans la gestion des congés Syntec

  • Omettre d’intégrer la prime de vacances dans la base de calcul du dixième.
  • Confondre jours ouvrés et jours ouvrables dans le décompte des congés posés.
  • Ne pas actualiser les paliers d’ancienneté lors des anniversaires contractuels.
  • Oublier d’organiser l’entretien annuel obligatoire pour les salariés en forfait jours.
  • Refuser des congés exceptionnels en les imputant sur le quota de congés payés ordinaires.

Rappel pendant les congés et congé sans solde : ce que dit la convention

La convention syntec congés ne prévoit pas de droit au rappel de l’employeur pendant les congés en dehors des cas de force majeure. Dès lors qu’un salarié est en congé légalement posé, son employeur ne peut l’obliger à reprendre le travail sans son accord. En cas de rappel accepté, les frais engendrés (transport, hébergement) sont intégralement à la charge de l’employeur, et les jours perdus doivent être restitués, non compensés en numéraire.

Le congé sans solde, en revanche, ne fait l’objet d’aucune disposition spécifique dans la CCN 1486. Il relève donc exclusivement de la négociation entre l’employeur et le salarié, formalisée par un avenant au contrat de travail. Sa durée n’est pas encadrée conventionnellement, mais l’entreprise peut en fixer les conditions dans son règlement intérieur ou via un accord d’entreprise.

Les salariés souhaitant exercer d’autres droits à l’issue de leur contrat disposeront de recours spécifiques. La page sur le plan de départ volontaire et celle concernant la lettre de démission fournissent des informations pratiques sur les transitions professionnelles. Par ailleurs, la question du solde de congés en retraite progressive mérite aussi d’être anticipée par les salariés proches de la fin de carrière dans les entreprises Syntec.

  1. Formaliser tout rappel pendant les congés par un écrit signé des deux parties avant la reprise effective.
  2. Consigner les jours non pris suite au rappel sur un compteur distinct, avec un délai de report précis.
  3. Mentionner le congé sans solde accordé sur le bulletin de paie du mois concerné, même sans rémunération.
  4. Vérifier que la durée du congé sans solde ne compromet pas l’ouverture des droits à la prime de vacances.

FAQ

La convention Syntec s’applique-t-elle aux stagiaires et alternants ?

Non. Les stagiaires ne sont pas des salariés et ne bénéficient pas des dispositions de la convention syntec congés. Les alternants (apprentis et contrats de professionnalisation) sont en revanche couverts par la CCN 1486 pour les dispositions qui leur sont applicables, mais leur régime de congés suit des règles spécifiques liées à leur statut.

Peut-on cumuler les congés d’ancienneté et les RTT ?

Oui. Les congés d’ancienneté et les jours RTT sont deux droits distincts qui se cumulent sans plafonnement mutuel. Un cadre ayant 15 ans d’ancienneté disposera ainsi de 25 jours de congés payés, 3 jours d’ancienneté et de ses jours RTT issus du forfait jours, soit un volume annuel de repos particulièrement conséquent.

La prime de vacances est-elle due en cas de départ en cours d’année ?

Oui, au prorata temporis. Un salarié quittant l’entreprise en cours de période de référence perçoit la prime de vacances calculée sur les mois de présence effectifs. Elle doit figurer sur le solde de tout compte, sous peine de contentieux aux prud’hommes.

Un salarié à temps partiel bénéficie-t-il des mêmes droits à congés ?

Oui, avec un décompte adapté. Un salarié à mi-temps acquiert les mêmes 25 jours ouvrés de congés payés annuels qu’un salarié à temps plein. La durée des congés ne se proratise pas selon le temps de travail, mais leur impact financier (indemnité) est naturellement proportionnel à la rémunération.

Que faire si l’employeur refuse les congés exceptionnels prévus par Syntec ?

Le salarié peut adresser un courrier recommandé rappelant les dispositions de la convention collective nationale CCN 1486. En cas de refus persistant, la saisine de l’inspection du travail ou du Conseil de prud’hommes constitue le recours approprié. Les congés pour événements familiaux sont d’ordre public conventionnel et ne peuvent être refusés.